Vous ne rêvez pas ! Ce matin je ne suis pas allée travailler dans l'Oise comme d'habitude, mais je suis restée à Paris. Je faisais une présentation à une journée organisée par l'Ademe (l'Agence pour l'Environnement et la maîtrise de l'Energie ) sur un projet qu'ils me financent (comme plusieurs autres). La réunion était organisée sur une des péniches stationnées sur le quai du port de la Gare, sur la rive gauche entre la Grande Bibliothèque et le pont de Bercy. J'ai pris quelques photos entre ce matin et la sortie ce soir (nous avons fini tôt, j'ai pu, pour une fois, rentrer tranquille en bus avec une partie à pied...)

Allez je vous montre (dommage il ne faisait pas très beau, mais au moins il n'a pas plu !)

Entre la station de métro de la ligne 14 (la ligne automatique) Bibliothèque François Miterrand et le quai, le long de la rue Neuve Tolbiac (mais l'accès est 19 rue des Frigos), un drôle de bâtiment m'a fait de l'oeil : il s'agit des anciens grands frigos (en fait une gare frigorifique, les trains entiers entraient dedans. Ce bâtiment a été abandonné il y a pas mal de temps et est maintenant une pépinière d'artistes : le site ici

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Quelques détails qui viennent du site :

La véritable histoire des Frigos commence juste après 14-18. Nous sommes rive gauche, à trois kilomètres de Notre-Dame, à la hauteur du Pont de Tolbiac. En face, de l'autre côté du fleuve s'étendent les entrepôts de Bercy. Paris se réveille de la grande guerre et il est temps d'approvisionner les Halles en produits frais. La Compagnie Ferroviaire de Paris-Orléans entreprend la construction des "Frigos". La gare Frigorifique de Paris-Ivry voit ainsi le jour en 1921. Du temps de sa splendeur, les trains s'engouffraient dans le corps du bâtiment. Les nombreuses tuyauteries, rongées par la rouille, qui courent le long des couloirs, témoignent que l'on se trouvait alors au cœur d'un réfrigérateur géant.
Des machines produisaient de la glace. Des rails fixés aux plafonds prenaient le relais des voies ferrées pour transporter des véritables téléphériques de denrées. Non loin, l'implantation des Grands Moulins près du terminal ferroviaire accueillant les convois de denrées alimentaires conférait au quartier une vocation nourricière. A la fin des années soixante, la disparition des Halles de Paris et l'ouverture du marché de Rungis entraînent l'arrêt de l'activité des entrepôts frigorifiques qui, dès lors, sont quasiment laissés à l'abandon durant une quinzaine d'années.
La SNCF, propriétaire des lieux depuis 1945, autorisa la location d'un premier lot de quinze "surfaces" en 1980. Dès lors, toute une population d'artistes investit cette friche industrielle. Pourtant, dans un bâtiment en partie muré, squatté, en tout cas sinistré, il fallait une bonne dose d'optimisme pour y installer, même en toute légalité, son atelier.
En 1985, une agence de gestion immobilière proposa à la SNCF de gérer ce patrimoine, alors destiné à une probable démolition.
La respectable institution, dont la vocation n'est pas de louer des ateliers, accepta. Une couche de peinture anéantit une première génération de "graph'", nés dans la nuit des années de purgatoire. Les premières œuvres de Ben, de Ménager et de beaucoup d'autres disparurent ainsi.
Les locaux disponibles trouvèrent preneurs en l'espace de quelques jours. Et comme par hasard, ces locataires se trouvèrent être des entrepreneurs et des créateurs. Lesquels en fait de bail signèrent une convention de location précaire et engagèrent des travaux conséquent pour transformer les anciens frigos en espaces de vie professionnels.
Ainsi, de ce lieu isolé, apparemment en perdition, naquit un village bouillonnant.  Avant de pouvoir travailler dans les lieux, les nouveaux occupants durent s'atteler à une rude tâche : transformer ces locaux vétustes en ateliers opérationnels. Les qualités particulières de la construction apparurent alors. Du béton armé, des briques noires, du liège, encore des briques, encore du liège, encore du béton... Les murs, d'une épaisseur de soixante-dix centimètres environ, offraient une très bonne isolation phonique et thermique.
Des fenêtres furent percées, des cloisons aménagées... Il fallut installer l'eau, l'électricité, les équipements sanitaires, le chauffage, la ventilation... Attaquer les sols au marteau-piqueur pour faire passer une canalisation relevait de l'exploit. Les planchers, formés de dalles assemblées par des joints en liège, peuvent supporter une charge de sept tonnes par mètre carré !... Ceux qui envisagent encore de détruire "le quai" mesureront ainsi l'ampleur de la tâche qui les attendrait alors... Plusieurs mois de travaux, des tonnes de gravats charriés dans des centaines de bennes, des milliers d'heures de travail fournies - et le temps, pour chacun, de faire connaissance avec ses voisin - ont engendré une véritable métamorphose de cet édifice. Une nouvelle vie commençait pour le 91 quai de la Gare. Pour les Frigos.
Côté rue, une fresque un peu fantastique entoure une fenêtre...

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Bon, j'ai bien dû continuer ma marche pour aller à ma réunion. Là, à droite c'est la péniche Aabysse (où se tenait la réunion), avec, à couple, une autre péniche où nous avons eu le déjeuner. A gauche c'est la Barge du CROUS de Paris, et encore plus à gauche, le Batofar, la structure la plus connue du coin ! (on la verra mieux ailleurs). Toutes les péniches stationnées là sont soit des restaurants/bars/lieux de fête, soit des espaces à privatiser. Elles sont toutes référencées sous Google Map !

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Le Batofar vu au zoom...

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Et là, en haut du quai, on voit jusqu'où la Seine est montée en janvier dernier... (là où la pierre est plus propre...)

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Le quai est large à cet endroit, un peu vide, surtout en ce jour de semaine un peu triste...

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En sortant de la réunion, j'ai continué le long du quai jusqu'au pont de Tolbiac. Là, le Batofar de près...

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Juste après, il y a un genre d'encoche dans le quai, avec des marches qui descendent vers la Seine. Et le niveau de l'eau n'est pas encore revenu à son niveau habituel ! Mais cela ne dérange pas les cygnes...

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Autre péniche (en travaux), le "El Alamein"

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Et une jonque ! la "Dame de Canton"

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Le Nix Nox

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Et le Petit Bain (un restau/concert au concept solidaire)

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Juste après, une piscine municipale ! J'ai eu l'impression qu'il y avait aussi quelques travaux : le local a peut-être tout de même un peu souffert de la crue...

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Mais le bassin est en eau ! Bon je n'ai pas trouvé les renseignements sur les heures d'ouverture...

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Encore une autre péniche, plus basse sur l'eau, plus petite et avec beaucoup moins d'équipements : le "Kiosque Flottant". Derrière, on aperçoit à gauche le Ministère des Finances (bâtiment Bercy, avec sa plate-forme hélico) et à droite, avec ses pelouses en pente, l'ancien POPB (parc omnisports Paris Bercy), maintenant Accor Hotels Arena (comme celle de Nanterrre s'appelle U-Arena, quelle idée !)

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On les voit mieux derrière la dernière péniche du quai, la Baleine Blanche...

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Et là c'est la belle alignée du pont de Tolbiac. Au-dessus des arcades, c'est la ligne de métro n° 6 (aérien en cet endroit), des deux côtés, le trafic automobile,...

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Et dessous, une double piste cyclable et un (petit !) espace pour les piétons. Depuis le temps que j'ai vu ce lieu dans des films, je ne l'avais encore jamais vu de près ni photographié (alors que je suis probablement passée dessus une fois ou l'autre, en métro...) J'adore cette architecture !!! (pas trop le plafond, mais personne n'est parfait...)

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Juste après, j'ai pris le bus, et comme il traverse la Seine près de la Cité de la Mode et du Design, encore un endroit où je ne suis pas encore allée...

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A suivre, la suite de la balade (ma correspondance entre deux lignes de bus...)

Bon mercredi !