Je ne vous montrerai pas de photos de ma part ce soir, je m'en vais vous parler d'un événement qui m'a fait bondir en lisant la presse environnement ce matin. En effet, certains des bouquetins du Bargy sont atteints de la brucellose, une maladieassez grave, et qui peut se transmettre au bétail et à l'homme. Les éleveurs du coin, très inquiets, ont demandé - et obtenu - un battage massif (déjà 450 bêtes abattues !) Il était question d'attraper les bouquetins, de les tester, d'abattre ceux atteints, et de vacciner les autres... Mais voilà ce que j'ai lu ce matin dans le Journal de l'environnement  ( (il y a plein d'autres articles sur le sujet) :

"Contre la science, l’Elysée veut la peau des bouquetins du Bargy

Deux agences publiques et trois ministres avaient concocté un plan pour vacciner les animaux sains et supprimer ceux porteurs de la brucellose. Las: le monde agricole, contre toute évidence scientifique, exige leur destruction, à laquelle l’Elysée aurait donné son accord.

 Ils devaient en débattre, et puis finalement, ce sera pour une prochaine fois. Les membres du Conseil national pour la protection de la nature (CNPN) craignaient d'avoir à l’ordre du jour de leur réunion du 22 septembre un sujet fort disputé: les bouquetins du Bargy. Ces ruminants, dont environ 40% sont porteurs de la brucellose, sont vilipendés par le monde agricole –et les producteurs de reblochon en particulier- qui réclame leur abattage.

Assainissement vs abattage

Depuis trois ans, le dossier cahote de pressions du monde agricole en rapports scientifiques: après un début d’abattage systématique en octobre 2015, l’Etat avait tranché en faveur d’un «assainissement sélectif» en juin dernier. Une position interministérielle (environnement, agriculture et biodiversité), nourrie à l’expertise de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) et en collaboration avec l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), qui consistait à capturer, tester et, en cas de séropositivité, euthanasier les animaux. Les animaux indemnes auraient été vaccinés par voie oculaire pendant plusieurs années consécutives, dans le but d’éradiquer la maladie du massif.

Consignes élyséennes

Las: la période électorale qui s’ouvre semble avoir eu raison du consensus politique et scientifique. Dans un communiqué commun, la Fédération Rhône-Alpes de protection de la nature (Frapna), France Nature Environnement (FNE), Humanité et Biodiversité, l’Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas) et la Ligue pour le protection des oiseaux (LPO) dénoncent de nouvelles consignes, venues de l’Elysée, de procéder à l’abattage systématique des bouquetins survivants. «François Hollande cède-t-il aux pressions de la FNSEA, premier lobby agricole de France? (…) S’agit-il de sécuriser l’électorat agricole en vue des présidentielles de 2017 au détriment de la biodiversité française?», demandent les associations.

Un seul cas de brucellose en 17 ans

«A ce jour, plus de 430 bouquetins ont été abattus dans le massif, dont une forte proportion d'animaux sains. Il y a eu un seul cas de brucellose en 17 ans (pour lequel la responsabilité des bouquetins n’est pas établie) et le risque de transmission de cette infection est nul ou quasi nul pour tous les experts qui se sont penchés sur la question», rappellent les associations.

Effets délétères

Et de souligner l’inanité scientifique d’une telle mesure, ce que confirme au Journal de l’environnement Dominique Gauthier, membre du laboratoire départemental d’analyse vétérinaire de Haute-Savoie et membre du groupe national Bouquetin. «Ce serait une mesure absurde: il existe un consensus international sur les maladies de la faune sauvage, qui montre que ces mesures d’abattage n’ont jamais réussi à éradiquer ces maladies, estime le vétérinaire. Pire, elles ont des effets délétères, en augmentant la prévalence.» Car certains parviennent à fuir et atteignent de nouveaux massifs, où ils peuvent alors contaminer d’autres bouquetins sains.

Pas de zèle

Sauf nouveau revirement élyséen, la question reviendra forcément devant le CNPN, qui doit rendre un avis (consultatif) sur l’arrêté du préfet de Haute-Savoie autorisant les abattages. Mais le ministère de l’environnement, qui fixe l’ordre du jour du CNPN, a choisi de ne pas faire de zèle cette fois-ci. Une façon d’affirmer son autorité, qui serait largement bafouée si les bouquetins étaient finalement abattus."

Et un encart :

«Vous cherchez par tous les moyens à nuire à la chasse et aux chasseurs de France.» L’attaque est signée Willy Schraen, le nouveau président de la Fédération nationale des chasseurs. Dans le viseur: la secrétaire d’Etat à la biodiversité, apostrophée en pleine estrade et devant 800 personnes, lors d’une inauguration dans la Somme le 16 septembre. Le tort de Barbara Pompili: un courrier enjoignant les chasseurs à ouvrir le débat sur le partage de la nature, au lendemain de la mort d’un jogger en Haute-Savoie, tué par une balle perdue. Ce genre d’attaque intuitu personae lors d’une cérémonie officielle n’est pas banale et témoigne du caractère offensif du monde de la chasse en cette période électorale.

Et dire qu'on vient de voter une loi supposée préserver la biodiversité ! Ils ne sont peut-être pas en danger de disparition, ces bouquetins, mais quand même...

Sont pas mignons ? (photo du journal...)

Bouquetin

Et ce qu'on trouve sur le site de Sciences et Avenir :

Le gouvernement a-t-il à nouveau changé sa position concernant les bouquetins du Bargy ? C'est ce qu'affirment plusieurs associations de protection de la nature dans un communiqué de presse. Selon elles, le président François Hollande aurait à nouveau donné son accord pour un abattage massif de ces animaux vivant dans le massif du Bargy (Haute-Savoie). En cause, l'épidémie de brucellose affectant le troupeau et la volonté de préserver les cheptels agricoles de toute contamination. Pourtant, les scientifiques spécialistes de cette faune dont le docteur Dominique Gauthier, interrogé par Sciences et Avenir dans un précédent article, clament depuis le début de la polémique qu'un abattage "à l'aveugle" n'assainira pas le troupeau de bouquetins et causerait même davantage de dégâts en augmentant la propagation de la bactérie du genre Brucella responsable de la maladie. Après avoir demandé un abattage sélectif le 12 mai 2016 et suivant ainsi les recommandations des chercheurs en procédant à l'euthanasie des animaux infectés et à la vaccination de ceux sains, François Hollande "aurait ordonné à l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) de procéder à l’élimination de tous les bouquetins survivants" s'indignent les associations. Ces dernières voient ici un moyen pour le président de "sécuriser l'électorat agricole en vue des présidentielles de 2017". Pourtant, contacté par Sciences et Avenir, le bureau de Haute-Savoie de l'ONCFS nie reprendre l'abattage de ces animaux et affirme procéder seulement à un suivi des populations. Selon le communiqué transmis par les six associations*, "à ce jour, plus de 430 bouquetins ont été abattus dans le massif dont une majorité d'animaux sains". La guerre entre les défenseurs de l'environnement d'un côté et agriculteurs et gouvernement de l'autre ne semble pas prête de se terminer concernant les bouquetins du Bargy.

Si l'abattage reprend dans ces conditions, c'est bien dommage...